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Lettre d’information N°12 :
MEMOIRE ET SOMMEIL
 

Retrouvez plus d'informations sur la mémoire sur le site www.observatoireb2vdesmemoires.fr

Edito

Chères lectrices,
Chers lecteurs,

C’est avec plaisir que nous vous adressons la nouvelle lettre d’information de l’Observatoire B2V des Mémoires. 

62 % des Français déclarent rencontrer au moins un trouble du sommeil selon un sondage Inpes réalisé en décembre 2017. Ce chiffre est alarmant au regard de l’importance du rôle joué par le sommeil dans la préservation de notre mémoire. Cette lettre d’information revient sur des points essentiels des mécanismes et interactions entre mémoire et sommeil et vous livre quelques clés de compréhension. 

Comme annoncé lors du dernier numéro, la Semaine de la Mémoire 2018 s'est déroulée avec succès du 17 au 21 septembre dernier. Parce que les images valent parfois mieux qu’un long discours selon l’adage, nous vous invitons à découvrir la vidéo en retraçant les temps forts.  

Nous remercions tous les acteurs, partenaires et le public nombreux qui ont contribué à sa réussite et vous lecteurs de cette newsletter qui participez au rayonnement des actions de l’Observatoire B2V des Mémoires. 
 




Isabelle Pécou
Directeur Général du Groupe B2V Directeur Général du Fonds de Dotation Observatoire B2V des Mémoires

Professeur Francis Eustache Président du Conseil scientifique de l’Observatoire B2V des Mémoires Neuropsychologue Directeur d’Etudes à l’EPHE Directeur de l’Unité de recherche U1077 de l'INSERM à l’Université Caen/Normandie

LA QUESTION IFOP DU MOIS POUR L'OBSERVATOIRE B2V DES MEMOIRES

Le sondage exclusif
L'activité du cerveau pendant le sommeil


Nous avons posé la question aux Français : Pendant le sommeil, le cerveau perçoit des sons ou des odeurs. D’après ce que vous en savez,


 

Pour consulter les résultats: CLIQUEZ ICI

NOTRE EXPERT ROBERT JAFFARD COMMENTE CES RÉSULTATS.

Pr Robert Jaffard
  • Membre du Conseil scientifique de l’Observatoire B2V des Mémoires
  • Professeur émérite à l’université de Bordeaux
  • Neurobiologiste
  • Institut de Neurosciences Cognitives et Intégratives d’Aquitaine

Le cerveau endormi perçoit non seulement des informations sensorielles auditives ou olfactives mais il les discrimine, réagissant de façon différente en fonction de leur signification. Cette faculté, nécessaire, est-elle aussi suffisante pour que l’on puisse apprendre en dormant ou que nos souvenirs puissent être modifiés pendant notre sommeil ?
 
Les résultats de l’enquête montrent d’abord que 29 % de la population est certaine de la première possibilité contre 12 % seulement pour la deuxième. Ensuite et surtout, si l’on additionne les « probablement » (oui et non) la proportion atteint 68 % dans le premier cas et 81% dans le deuxième, ce qui traduit une assez forte incertitude de la population.
 
Que nous disent les données scientifiques ?
A partir des années 50, l’idée que l’on pouvait (tout) apprendre en dormant (l’hypnopédie) a été plusieurs fois réfutée par des expériences montrant l’inefficacité totale du procédé consistant, par exemple, à diffuser l’enregistrement de questions-réponses ou d’association de mots pendant le sommeil (mémoire déclarative explicite) puis à effectuer des tests au réveil. Par contre, certains apprentissages simples tels que l’habituation, les réponses réflexes à un stimulus (conditionnements pavloviens) peuvent être formés pendant le sommeil et perdurer après le réveil. En d’autres termes, seule l’acquisition de mémoires implicites (qui ne requièrent pas le souvenir conscient d’une expérience), indépendantes de l’hippocampe, serait possible pendant le sommeil.
 
On peut aussi envisager la première question sous l’angle de la consolidation et considérer que de par son rôle majeur dans le traitement sophistiqué des informations mémorisées (filtrage, transformation, restructuration), le sommeil permet au cerveau d’apprendre « quelque chose », en particulier à optimiser l’efficience (inférence, prises de décisions, créativité...) d’une mémoire déjà formée.
    
Une faible majorité de la population (57 %) pense qu’il est possible de modifier les souvenirs d’une personne pendant son sommeil (proportion difficile à expliquer au regard des 83 % qui pensent qu’il est possible d’apprendre en dormant).
Même si le terme « modifier » est imprécis, cette possibilité est bien réelle.
La première technique consiste à intervenir directement sur l’activité cérébrale. Par exemple, des stimulations électriques transcrâniennes (ou de simples sons) destinées à amplifier les ondes lentes (1Hz) émises naturellement au cours du sommeil profond améliorent la mémoire déclarative – mais non procédurale – d’apprentissages réalisés avant l’endormissement.
La deuxième technique repose sur une découverte capitale faite chez les rongeurs : les cellules activées lors d’un apprentissage se réactivent spontanément pendant le sommeil qui suit (« replay ») et ces réactivations peuvent être contrôlées (« ciblées ») de l’extérieur en présentant des stimuli appropriés (par exemple un son associé à un parcours donné). Il est alors possible de sélectionner l’activité cérébrale qui doit être « rejouée » pour amplifier et/ou sélectionner un souvenir particulier. Par exemple, la simple présentation, au cours du sommeil profond, d’une odeur qui avait été diffusée en continu pendant l’apprentissage réactive l’hippocampe et améliore la mémoire de cet apprentissage mesurée au réveil. Qu’il s’agisse de retenir les positions de divers objets sur un échiquier, d’exécuter un morceau de musique au piano, d’apprendre le vocabulaire d’une langue étrangère, ces réactivations ciblées par des indices appropriés améliorent la mémoire. Leur efficacité est étroitement liée à leur application pendant le sommeil profond et à l’intégrité fonctionnelle de l’hippocampe.
 
Plus récemment, des techniques analogues ont été utilisées pour, cette fois, toujours pendant le sommeil, supprimer les mémoires – ou des comportements - dont on ne veut pas : peur d’un stimulus, addiction au tabac et même, semble-t-il, préjugés sexiste ou raciste.
 
Robert Jaffard       

 

 

La vidéo du mois

Quel est le rôle des différentes phases du sommeil ?
Qu’appelle-t-on mémoire déclarative ? 
Une sieste peut-elle avoir un effet sur notre mémoire ?
Le sommeil aurait-il une influence sur la maladie d’Alzheimer ? 

 

LA FICHE PÉDAGOGIQUE DU MOIS 
Mémoire et sommeil

LES ACTUALITÉS DE L'OBSERVATOIRE B2V DES MÉMOIRES

 
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